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La Mosquée de Kong : Gardienne de la Foi et de la Mémoire du Nord

Nichée au cœur de la savane ivoirienne, dans la ville de Kong, se dresse un édifice qui défie le temps depuis plusieurs siècles. La Grande Mosquée de Kong appelée Missiriba est bien plus qu’un lieu de prière : elle est la sentinelle de l’islamisation du Nord de la Côte d’Ivoire, un chef-d’œuvre de l’architecture soudanaise, et depuis 2021, un bien du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Entre foi, histoire et résistance, elle porte en ses murs l’âme d’une ville et l’empreinte d’un continent.

Kong, Carrefour de l’Islam et du Commerce Transsaharien

Pour comprendre la mosquée, il faut d’abord comprendre la ville qui l’abrite. Kong, joyau historique et culturel de la Côte d’Ivoire, incarne un passé riche où se croisent spiritualité, commerce et échanges transsahariens. Fondée bien avant l’époque coloniale, cette ville a été un centre influent pour la propagation de l’islam en Afrique de l’Ouest et pour le commerce de l’or et du sel.

Pendant des siècles, Kong fut une métropole intellectuelle et religieuse de premier plan dans la sous-région. Elle rayonnait bien au-delà de ses frontières, accueillant marchands, savants et pèlerins venus des quatre points cardinaux de l’Afrique de l’Ouest. C’est dans ce contexte de foisonnement culturel et spirituel que naît la Grande Mosquée.

Une Architecture Née au Confluent de Deux Mondes

La Grande Mosquée de Kong, édifiée au XVIIe siècle, est un exemple exceptionnel de l’architecture soudanaise en Afrique de l’Ouest. Avec ses murs massifs en banco (terre cuite), ses minarets et ses contreforts de bois, elle incarne le style distinctif des anciennes mosquées de la région.

Cette œuvre aurait été réalisée par l’imam Barro, pendant la période d’implantation de l’islam en Afrique subsaharienne. Sa conception illustre une fusion remarquable entre les traditions architecturales islamiques venues du nord et les savoir-faire locaux adaptés aux contraintes climatiques de la savane guinéenne.

L’édifice est réalisé à partir de techniques de briques de terre crue consolidées avec des torons, offrant une unicité architecturale compacte adaptée au climat relativement pluvieux de la région. Des lucarnes intégrées dans le toit permettent de laisser pénétrer la lumière naturelle afin d’éclairer l’édifice, notamment dans l’espace consacré à l’imam pendant la lecture du Coran. Elle peut accueillir 400 personnes.

Les huit mosquées de style soudanais du Nord ivoirien se caractérisent par des constructions en terre, des ossatures en saillie, des contreforts verticaux couronnés de poteries ou d’œufs d’autruche, et des minarets hauts ou bas en forme de pyramide tronquée. Elles présentent une interprétation d’un style architectural né entre les XIIe et XIVe siècles dans la ville de Djenné, alors faisant partie de l’Empire du Mali, dont la prospérité venait du commerce de l’or et du sel à travers le Sahara.

La Nuit de Feu : Samory Touré et la Destruction de 1897

L’histoire de la mosquée ne serait pas complète sans évoquer l’un des épisodes les plus dramatiques de l’histoire ivoirienne. C’est pour éviter qu’elle ne tombe aux mains des Français que le chef dioula Samory Touré décida de la détruire complètement, en 1897.

En 1741, il avait déjà été noté que la ville de Kong possédait plusieurs mosquées, dont la Grande Mosquée (Missiriba), qui fut donc détruite par Samory Touré vers 1897, lors de l’attaque et de l’incendie de la ville.

Cet acte, aussi destructeur fut-il, s’inscrivait dans la logique de résistance à la colonisation française. Samory Touré, figure emblématique de la résistance ouest-africaine, préférait voir brûler ce qu’il ne pouvait protéger plutôt que de le laisser servir l’occupant. La mosquée en porta les stigmates, avant de renaître de ses cendres.

La Renaissance : Une Reconstruction au Tournant du XXe Siècle

La mosquée fut rebâtie à l’aube du XXe siècle. Elle abrite cependant les vestiges une muraille de la première université islamique. Ce détail est d’une importance capitale : Kong ne fut pas seulement un lieu de prière, mais un foyer de savoir islamique, doté d’une institution d’enseignement parmi les premières de la région.

Si la restauration coloniale permit la survie de l’édifice, son architecture a toutefois subi, en 1978, une restauration inadaptée qui a quelque peu déstructuré l’édifice. Ce constat appelle à la vigilance et rappelle que la préservation d’un patrimoine vernaculaire exige des méthodes respectueuses de ses techniques d’origine.

À proximité se trouve également la Petite Mosquée, un espace sacré autrefois dédié aux femmes de la ville pour les prières et les rassemblements, conservant les caractéristiques de l’architecture soudanaise avec des détails raffinés. Également classée au patrimoine de l’UNESCO, elle invite à découvrir l’histoire de l’islam à Kong.

Reconnaissance Internationale : Le Sceau de l’UNESCO

Un décret du 20 avril 1988 classa la mosquée comme monument historique. En 2021, elle fut inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, lors de la 44e session élargie du Comité du patrimoine mondial, tenue en ligne à Fuzhou, en Chine, du 16 au 31 juillet 2021.

Cette inscription ne concerne pas la seule mosquée de Kong : les huit mosquées de style soudanais situées à Tengréla, Kouto, Sorobango, Samatiguila, Nambira, Kong et Kaouara constituent un témoignage exceptionnel d’un style architectural très particulier, propre à la région. Elles témoignent du commerce transsaharien qui facilita l’expansion de l’islam et reflètent une fusion de formes architecturales islamiques et locales ayant persisté dans le temps.

Le directeur du Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, Lazar Eloundou Assomo, a salué le caractère unique et l’ingéniosité architecturale de ces mosquées, les qualifiant de véritables symboles de l’histoire et de la culture ivoiriennes et africaines, déclarant que ces mosquées appartiennent désormais à l’humanité.

Un Lieu Vivant, Ancré dans la Communauté

Au-delà des distinctions internationales, la mosquée de Kong a conservé sa fonction de lieu de prière et de rassemblement. Elle n’est pas un musée figé : chaque vendredi, les fidèles s’y retrouvent comme leurs ancêtres l’ont fait des générations durant. Les murs de banco résonnent toujours des mêmes invocations, dans la même langue sacrée, selon les mêmes gestes millénaires.

Visiter la mosquée de Kong, c’est entreprendre un voyage dans la profondeur de l’Afrique de l’Ouest — là où la foi, le commerce, la résistance et l’art se sont rejoints pour créer quelque chose d’unique et d’impérissable.

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